Rencontre avec un dessinateur nantais

Cette année, la vedette du festival c'est lui: Arno Monin. Il vient tout juste de souffler ses 28 bougies et déjà, ce dessinateur nantais affirme un style bien à lui. Son premier diptyque, L’Envolée sauvage, a été salué par les critiques et primé à plusieurs reprises. C'est en toute simplicité que ce jeune prodige de la bulle à bien voulu répondre à nos questions.
Courant d'air : Vous rencontrez le succès dès votre premier diptyque, L'Envolée sauvage, comment vit-on cela ?
Arno Monin : Ca a été comme un encouragement pour moi, une sacrée aubaine. Le succès peut relever de bien des facteurs, il est toujours difficile à décortiquer. Pour ma part, j’ai laissé place à mon intuition plus qu’à la technique. Je considère que j’ai beaucoup à apprendre, alors j’avance, et j’ai la vie devant moi pour ça. Mais je crois que je peux dire que l’ensemble du livre a eu le dessus sur les maladresses de débutant, puisque les lecteurs ont adhérés. Et puis, il y a eu aussi un travail important de l’éditeur, dans la mise en avant de mon livre.
Courant d'air : Racontez-nous votre rencontre avec Laurent Galandon, votre scénariste.
Arno Monin : Sans nous connaître, Laurent et moi avions contacté les éditions Bamboo pour leur soumettre nos projets personnels. Celui de Laurent était en manque d’un dessinateur et le mien souffrait d’un problème de scénario. Et oui, chacun son métier ! Ce script était donc la première mouture de L’Envolée sauvage qui m’a été mise entre les mains par le directeur de collection Hervé Richez. J’avais ainsi pu lire différents projets dans lesquels je ne pensais pas pouvoir intervenir avec évidence. Pour ce projet-ci, je sentais avoir à la fois, les décalages et l’harmonie nécessaire avec le récit. J'entends par-là que le dessin n’est pas forcement dans le même registre que le récit historique à la base. Finalement cela permet un recul par rapport à la dureté des faits, le rendant accessible à un public assez jeune, chose que nous avions assez peu anticipé.
Courant d'air: Cette année vous avez reçu la Bulle d'Or au Festival d'Atlantis. Vous qui êtes nantais, ce prix a-t-il une importance particulière ?
Arno Monin : J’ai été surpris et évidement ravi de recevoir ce prix ! C’est toujours très dynamisant pour le travail en cours. Il m’a d’autant fait plus plaisir que nous sommes à l’aube d’un nouveau projet, un nouveau diptyque et c’est une façon de relancer les dés en se disant : « Etait-ce un coup de chance la première fois ? En gros, on craint toujours que ce succès soit un malentendu. C’est ce qui m’est venu en tête lors de la sortie du premier tome en mai. Le fait que je reçoive ce prix à Nantes m’a surtout valu un "succès de quartier". Ce qui est tout à fait agréable, ça donne le sourire !
Courant d'air : C'était la troisième fois que vous participiez au Festival de la BD d'Atlantis, que pensez-vous de l'organisation, de l'ambiance... ? Y a t-il eu des changements par rapport aux années précédentes ?
Arno Monin : En effet, c’est la troisième fois et je n’ai noté aucun changement marquant, ce qui est positif, compte tenu du fait, que ça se déroulait très bien la première année. L’aspect concert était plutôt sympa, ça a participé à «déformater» le lieu, qui est une galerie commerciale, il n’est donc pas évident d’avoir quelque chose d’un peu chaleureux. Voilà, c’est ce genre d’initiatives qui contribuent à améliorer et à faire vivre l’événement.
Courant d'air : Quels sont vos projets pour l'avenir?
Arno Monin : Dans un futur proche, je termine le diptyque en cours ! Pour la suite, un projet a commencé à prendre forme avec le scénariste Jérôme Félix. L’idée pour ma part, est de changer d’univers plus radicalement, tenter de m’investir dans une histoire d’une façon plus intime, m’essayer à une autre matière. L’histoire que ma proposé Jérôme m’a vraiment donné des envies et des images. Á suivre donc ! Le travail avec Laurent s’est très bien déroulé et nous chercherons probablement à poursuivre notre collaboration. J’aime assez l’idée que ce soient les projets qui provoquent ces travaux, plus que notre amitié. Il y a une sorte d'alchimie à avoir autour d’une idée, on s’embarque pour un temps assez important quand on s’engage. Il faut donc être sincèrement enthousiaste, être dans une découverte. Les projets ne manquent pas, je ne suis pas inquiet !
Courant d'air : Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un jeune dessinateur qui souhaiterait se lancer dans la BD ?
Arno Monin : Je n’aime pas commencer par « il faut » car on peut toujours prouver le contraire. Alors, je dirais que ce qui revient souvent, c’est l’importance de trouver une façon de travailler par laquelle on passe un bon moment. On ne devrait pas s’ennuyer dans ce travail. Je pense qu’il ne faut pas hésiter à prendre des conseils à droite à gauche sans se formaliser sur chacun d’eux. Retenir ceux qui nous parlent particulièrement. Selon les écoles, on ne mettra pas l’accent sur les mêmes aspects de votre travail. Il suffit donc d’apprendre à savoir ce que l’on veut, car on ne peut pas satisfaire tout le monde, ce n’est d’ailleurs pas le but. Pour ça, il faut être honnête avec soi-même, savoir se remettre en question, être exigeant. Enfin, il ne faut pas avoir peur de l’erreur. Les erreurs sont une école incroyable, si on sait les analyser correctement pour mieux les corriger.

Cette année, la vedette du festival c'est lui: Arno Monin. Il vient tout juste de souffler ses 28 bougies et déjà, ce dessinateur nantais affirme un style bien à lui. Son premier diptyque, L’Envolée sauvage, a été salué par les critiques et primé à plusieurs reprises. C'est en toute simplicité que ce jeune prodige de la bulle à bien voulu répondre à nos questions.
Courant d'air : Vous rencontrez le succès dès votre premier diptyque, L'Envolée sauvage, comment vit-on cela ?
Arno Monin : Ca a été comme un encouragement pour moi, une sacrée aubaine. Le succès peut relever de bien des facteurs, il est toujours difficile à décortiquer. Pour ma part, j’ai laissé place à mon intuition plus qu’à la technique. Je considère que j’ai beaucoup à apprendre, alors j’avance, et j’ai la vie devant moi pour ça. Mais je crois que je peux dire que l’ensemble du livre a eu le dessus sur les maladresses de débutant, puisque les lecteurs ont adhérés. Et puis, il y a eu aussi un travail important de l’éditeur, dans la mise en avant de mon livre.
Courant d'air : Racontez-nous votre rencontre avec Laurent Galandon, votre scénariste.
Arno Monin : Sans nous connaître, Laurent et moi avions contacté les éditions Bamboo pour leur soumettre nos projets personnels. Celui de Laurent était en manque d’un dessinateur et le mien souffrait d’un problème de scénario. Et oui, chacun son métier ! Ce script était donc la première mouture de L’Envolée sauvage qui m’a été mise entre les mains par le directeur de collection Hervé Richez. J’avais ainsi pu lire différents projets dans lesquels je ne pensais pas pouvoir intervenir avec évidence. Pour ce projet-ci, je sentais avoir à la fois, les décalages et l’harmonie nécessaire avec le récit. J'entends par-là que le dessin n’est pas forcement dans le même registre que le récit historique à la base. Finalement cela permet un recul par rapport à la dureté des faits, le rendant accessible à un public assez jeune, chose que nous avions assez peu anticipé.
Courant d'air: Cette année vous avez reçu la Bulle d'Or au Festival d'Atlantis. Vous qui êtes nantais, ce prix a-t-il une importance particulière ?
Arno Monin : J’ai été surpris et évidement ravi de recevoir ce prix ! C’est toujours très dynamisant pour le travail en cours. Il m’a d’autant fait plus plaisir que nous sommes à l’aube d’un nouveau projet, un nouveau diptyque et c’est une façon de relancer les dés en se disant : « Etait-ce un coup de chance la première fois ? En gros, on craint toujours que ce succès soit un malentendu. C’est ce qui m’est venu en tête lors de la sortie du premier tome en mai. Le fait que je reçoive ce prix à Nantes m’a surtout valu un "succès de quartier". Ce qui est tout à fait agréable, ça donne le sourire !
Courant d'air : C'était la troisième fois que vous participiez au Festival de la BD d'Atlantis, que pensez-vous de l'organisation, de l'ambiance... ? Y a t-il eu des changements par rapport aux années précédentes ?
Arno Monin : En effet, c’est la troisième fois et je n’ai noté aucun changement marquant, ce qui est positif, compte tenu du fait, que ça se déroulait très bien la première année. L’aspect concert était plutôt sympa, ça a participé à «déformater» le lieu, qui est une galerie commerciale, il n’est donc pas évident d’avoir quelque chose d’un peu chaleureux. Voilà, c’est ce genre d’initiatives qui contribuent à améliorer et à faire vivre l’événement.
Courant d'air : Quels sont vos projets pour l'avenir?
Arno Monin : Dans un futur proche, je termine le diptyque en cours ! Pour la suite, un projet a commencé à prendre forme avec le scénariste Jérôme Félix. L’idée pour ma part, est de changer d’univers plus radicalement, tenter de m’investir dans une histoire d’une façon plus intime, m’essayer à une autre matière. L’histoire que ma proposé Jérôme m’a vraiment donné des envies et des images. Á suivre donc ! Le travail avec Laurent s’est très bien déroulé et nous chercherons probablement à poursuivre notre collaboration. J’aime assez l’idée que ce soient les projets qui provoquent ces travaux, plus que notre amitié. Il y a une sorte d'alchimie à avoir autour d’une idée, on s’embarque pour un temps assez important quand on s’engage. Il faut donc être sincèrement enthousiaste, être dans une découverte. Les projets ne manquent pas, je ne suis pas inquiet !
Courant d'air : Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un jeune dessinateur qui souhaiterait se lancer dans la BD ?
Arno Monin : Je n’aime pas commencer par « il faut » car on peut toujours prouver le contraire. Alors, je dirais que ce qui revient souvent, c’est l’importance de trouver une façon de travailler par laquelle on passe un bon moment. On ne devrait pas s’ennuyer dans ce travail. Je pense qu’il ne faut pas hésiter à prendre des conseils à droite à gauche sans se formaliser sur chacun d’eux. Retenir ceux qui nous parlent particulièrement. Selon les écoles, on ne mettra pas l’accent sur les mêmes aspects de votre travail. Il suffit donc d’apprendre à savoir ce que l’on veut, car on ne peut pas satisfaire tout le monde, ce n’est d’ailleurs pas le but. Pour ça, il faut être honnête avec soi-même, savoir se remettre en question, être exigeant. Enfin, il ne faut pas avoir peur de l’erreur. Les erreurs sont une école incroyable, si on sait les analyser correctement pour mieux les corriger.
Propos recueillis par Marie Le Roy
| A voir : Pour tous les fans insatiables de BD : www.bdencre.com www.bdtresor.net www.miarticles.blogspot.com lagrottedelours.over-blog.com Retrouvez vos auteurs favoris sur leurs blogs Christophe Bec, parrain de l'édition 2009 : http://promethee13-13.over-blog.com/ |
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